Les retardataires pourront se voir refuser l'entrée au spectacle.
À Vegas, sous les strass, c’est l’asservissement. Sur l’électro de Rebeka Warrior, la bombe Marlène Saldana embrase le film mythique Showgirls de Paul Verhoeven (1995). Et dans son cabaret extravagant, tout flambe : ambition, pouvoir, violence. Monumental !
La jeune Nomi Malone débarque à Vegas, strip-teaseuse déterminée à percer. Critiqué il y a trente ans, Showgirls est devenu un film culte sur la marchandisation du corps féminin dans le cinéma, sur la lutte des classes et des genres. Avec Jonathan Drillet, Marlène Saldana — performeuse phénoménale qu’on a pu voir dans les films et les pièces de Christophe Honoré — en fait un cabaret excessif, saturé de kitsch. Seule en scène, elle rejoue tous les rôles et réhabilite l’actrice sacrifiée. Créature en fusion, mamelon volcanique, lustre phallique, électro brute : dans ce tour de force ravageur, l’exagération devient une arme critique et le grotesque, un antidote à la violence.