Beach Machine — Mana Island
Beach Machine — Mana Island  - Miguel Miceli ©

Dans le cadre de Mémoires des mondes fragiles Un Printemps silencieux

Béatrice Lartigue et Miguel Miceli
Gratuit
Plateforme Intermedia, Plateforme Intermédia • Placement libre – Assis
14h - 18h30
Carte Stereolux

Face à la disparition progressive des oiseaux et au silence qui menace nos paysages, cette exposition réunit deux artistes qui explorent des tentatives humaines - mécaniques, scientifiques et technologiques - pour documenter, réparer, ou simuler un vivant en sursis.

D’un côté, Whistle Blowers, la nouvelle création de Béatrice Lartigue (conçue avec le chercheur Vincent Lostanlen et le musicien Chapelier Fou) fait écho au livre manifeste Silent Spring de Rachel Carson, biologiste qui dès 1962 prédisait un printemps sans chant d’oiseaux. À travers une installation sonore immersive, l'œuvre mobilise la bioacoustique pour capter les signaux faibles de notre biodiversité et donner à entendre le son de l'extinction. Un geste artistique pour habiter le silence qui vient.

De l’autre, Beach Machine — Mana Island de Miguel Miceli sculpte mécaniquement les rives de Mana Island pour la protéger de l'érosion et de la montée des océans. Cette installation, entre sauvegarde écologique et tragédie poétique, ravive l'histoire de cette île-laboratoire où des scientifiques tentent d'attirer des oiseaux migrateurs avec des répliques en béton, et celle de Nigel, l'oiseau qui passa sa vie à faire la cour à l'une de ces statues de pierre.

Entre le chant qui s'efface et les leurres qui tentent de le faire renaître, les deux œuvres dessinent les contours d'un printemps silencieux - le récit d'une disparition, mais aussi celui de notre obstination à écouter, réparer et espérer. 


Béatrice Lartigue est une artiste et enseignante interdisciplinaire, cofondatrice du collectif Lab212. Depuis 2008, elle travaille sur des projets à l'intersection de l'art, de la science et de la technologie. Son travail explore la matérialisation d'événements physiques invisibles, en immergeant les visiteurs dans un espace dont les règles sont en partie écrites et en partie en devenir. Une perspective critique sur l'utilisation de la technologie dans un contexte environnemental fragile guide sa pratique.

 

Artiste italo-espagnol diplômé de l’Erg (Bruxelles), de la Slade School (Londres) et du Fresnoy, Miguel Miceli articule sa pratique autour de la mutation du paysage. À la croisée du sublime technologique, de l’occulte et de l’écologie, son travail décentre le regard humain et interroge les frontières entre nature et culture, sujet et objet, rêve et réalité.