Dans un contexte culturel et financier en mutation, l’association Songo a engagé ces derniers mois une réflexion de fond sur l’avenir du festival, marquant ainsi un tournant majeur de son histoire.
— Scopitone, 25 ans d'épopées numériques et électroniques
Le 29 juin 2002 se tenait la première édition du festival Scopitone au Parc de la Beaujoire à Nantes. Organisé par l’association Songo (basée alors à l’Olympic avant de poser ses valises à Stereolux en 2011), avec le soutien des collectivités, partenaires culturels et bénévoles, le festival nous invitait à prendre “du son plein la vue”.
Il est depuis passé par l’Olympic, la Trocardière, les Ateliers et Chantier de Nantes, l’ancien MIN, le Château des Duc de Bretagne, Nantes Université, les Halles 1& 2, la Place Graslin… et bien sûr Stereolux et les Nefs.
Côté musique, il a vu passer des artistes connu·es et moins connu·es : Disclosure, Nina Kraviz, Charlotte De Witte, Ellen Allien, De Crecy, Miss Kittin, Vitalic, Gesaffelstein, Laurent Garnier, Coldcut, Caribou, Boys Noize, Metronomy, Jeff Mils, Kiddy Smile, N’To, Anetha, Kompromat… En arts numériques, le festival a accueilli des artistes nationaux et internationaux lors d’expositions où les œuvres marquantes interrogent nos perceptions et proposent une expérience multisensorielle : Ryoiji Ikeda, Joanie Lemercier, Bianca Li, Collectif Coin, Justine Emard, Children Of the Light, HeHe, David Bowen, Guillaume Marmin, les expositions Hyper nature, (in)surrection, Prophéties, le mapping du Château des Ducs en 2022…
— 25 ans d’action culturelle mais aussi de temps professionnels
Soucieux d’acculturer tous les publics aux arts numériques, nous avons imaginé et proposé des formes destinées au jeune public et à toutes celles et ceux ne venant pas spontanément voir nos expositions. Performances, installations, actions de médiations et ateliers thématiques dédiés à certains publics ont ainsi vu le jour.
L’ADN du festival, ce sont aussi des conférences, workshops, tables rondes et rencontres professionnelles, en étroite complicité avec HACNUM (le réseau national des arts hybrides et cultures numériques). Ces moments, moins visibles mais tout aussi incontournables, adressés principalement aux étudiant·es, chercheur·es, artistes et professionnel·les du numérique, proposent d’ouvrir le débat, d’interfacer les savoir-faire et de s’initier aux technologies émergentes.
— Un festival international et de territoire
En 25 ans, Scopitone est devenu un acteur international incontournable des cultures électroniques & des arts numériques.
Une dimension internationale qui ne perd pas de vue son lien au territoire. Scopitone, ce sont des espaces publics transformés (en partenariat avec la Nantes Digital Week notamment) et des collaborations sur l’ensemble de la ville (Askip, Ecole des Beaux-Arts Nantes-Saint-Nazaire, Trempo, Ohm Town, Le Lieu Unique, Château des Ducs, Jardin des plantes, Musée d’Arts de Nantes, Passage Sainte-Croix, Ordre des architectes…).
Ce sont également plus d’un millier d’étudiant·es, du primaire au supérieur, qui chaque année se déplacent sur nos différentes actions.
Enfin, nous n’oublions pas les bénévoles et partenaires locaux qui, à nos côtés, ont fait de Scopitone ce qu’il est aujourd’hui.
— Le festival se réinvente
Cependant, face aux difficultés rencontrées par le secteur culturel, le festival n’a d’autre choix que de repenser son modèle. En effet, depuis la décision idéologique et brutale de la Région des Pays de la Loire de supprimer dès 2025 la quasi-totalité des subventions du secteur culturel (sans oublier les acteurs des solidarités qui ont subi un sort similaire), il ne nous est tout simplement plus possible de financer Scopitone chaque année. Les subventions régionales attribuées à Stereolux ayant été supprimées en totalité, cela représente 76 000 € de financements en moins, soit environ 48 groupes /artistes qui ne seront pas programmés et 2000 h d’intermittence en moins, sans compter les multiples autres retombées positives du festival qui n’auront hélas pas lieu.
Cette contrainte, nous voulons aussi en faire une opportunité: accroître l’envergure du festival et renouveler notre proposition en faveur de nouvelles formes. Cette pause devient alors un temps précieux pour repenser l’avenir. Elle nous permet de prendre le temps (vous a-t-on parlé de notre temps fort Molow du 20 au 24 mai 2026 ?) de la réflexion pour proposer un Scopitone nouveau qui reste fidèle à son ADN : un événement hybride, surprenant, précurseur, bienveillant, pour tous·tes.
— 2027 avec vous
En 2027, le nouveau format biennal du festival fera de nouveau vibrer Nantes et la métropole, fort de l’engagement de ses partenaires actuels et futurs, à commencer par la Ville de Nantes, Nantes Métropole, le Département Loire-Atlantique et le ministère de la Culture (DRAC des Pays de la Loire).
Aussi, si nous pouvons compter sur la fidélité de nos mécènes et sponsors, très attachés au festival, tels qu’IMA Protect, le Crédit Agricole Atlantique Vendée et Kronenbourg, Stereolux invite toutes les entreprises ligériennes désireuses de contribuer à la vitalité artistique et culturelle du territoire à porter à ses côtés ce nouveau projet d’envergure.
Rendez-vous en septembre 2027 pour la 24e édition de Scopitone !
— Et 2026 dans tout ça ?
L’absence de Scopitone en 2026 ne nous empêchera pas de nous retrouver en septembre.
Stereolux fête cette année ses 15 ans ! C’est en effet en septembre 2011 que l’association Songo a déménagé de l’Olympic dans le quartier Chantenay pour s’installer sur l’Île de Nantes et à Stereolux.
Nous vous donnons rendez-vous début juin pour en savoir plus sur cet anniversaire où l’on retrouvera les fondamentaux de Stereolux et Scopitone : concerts, expositions, rencontres professionnelles et autres surprises !