Chaque projet d'Ismaël Joffroy Chandoutis débute par une rencontre. Sa pratique s'inscrit dans une approche documentaire, à la croisée de l'enquête, de la fiction et de l'expérimentation visuelle. Il interroge la manière dont les technologies transforment nos perceptions, produisant des récits où le réel et le virtuel s'entrelacent.
L’exposition réunit trois œuvres : Ondes Noires (2017), Rewild (2026) et Vues Lumière : Miami 2100 (2026). Chacune décrit une fuite : vers les zones blanches (sans réseau), vers la simulation, vers le regard qui anticipe. Toutes composent un rapport singulier au Vivant.
Ondes Noires suit trois personnes intolérantes aux radiations électromagnétiques qui témoignent de leur survie au sein d'un monde qui leur semble de plus en plus interdit. La mise en scène explore l'idée d'une décélération du temps comme condition nécessaire à la perception d'un réel qui s'étend au-delà du visible.
Dans Rewild, Ismaël Joffroy Chandoutis déplace sa réflexion vers le monde agricole. Réalisée intégralement dans le jeu vidéo Farming Simulator, l'œuvre suit Thomas, un adolescent dont le troupeau familial a été abattu suite à l'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse. Face à l'impossibilité du deuil, il reconstruit son étable dans le jeu, qui devient un lieu de mémoire et de cérémonie.
Vues Lumière : Miami 2100 prolonge cette réflexion vers le futur. Une série de vues photographiques de Miami au seuil du XXIIe siècle, générée par une intelligence artificielle entraînée sur les images que l'artiste y a réalisées en avril 2026, lors de sa résidence Villa Albertine. Le futur n'y est pas une projection : c'est ce que le présent contient déjà, rendu lisible.
L’exposition ne propose pas une opposition entre technologie et Vivant, mais un continuum de régimes de perception filtrés et reconstruits, où le corps, le deuil et la ville composent des refuges précaires.