A son rythme si singulier, MONO ne cesse de s'élever puis de plonger. Comme le jouent les étourneaux dans leurs murmures, les pièces instrumentales de MONO échappent à notre logique, et pourtant leurs ballets sont cohérents, fluides, comme guidés par une évidence. 25 ans d'histoire peuvent évidemment servir à expliquer cette grâce et la connexion mystique entre ces deux guitaristes, ce bassiste et ce batteur japonais. C'est bien une mystique que prolonge MONO, celle de l'apogée du post rock, de Slint, d'Explosions In The Sky, de Mogwai… Celle de la conquête de nouveaux territoires pour guitares décomplexées et de la contemplation bruitiste. Dans son treizième album, OATH, sorti en 2024, MONO déploie certaines des plus belles séquences qu'il ait donné à entendre, une matière chaude, forgée au coeur de l'âme humaine (en pleine pandémie), et l'on y entend le doute et l'abattement mais aussi l'acharnement et une vitalité exceptionnelle.