Le crooner de Sidney déroule depuis 2016 une œuvre fictionnelle dans laquelle il narre les errances modernes, qu'elles soient sentimentales, sociales ou personnelles : la masculinité toxique, l'addiction aux opioïdes ou encore la solitude contemporaine et pourtant connectée, autant de thèmes lugubres posés sur des compositions glam au kitsch assumé. Le fidèle Roy Molloy y va de ses solos de saxo tandis que d'innocentes mélodies synthétiques font scintiller le propos. Cameron a les armes pour ses audaces : une dégaine de dandy délavé, une voix magnétique et, de plus en plus, la stature d'une figure incontournable de pop maker. Surtout, quels que soient les sujets qu'il traite, l'Australien parti de rien avance entier, plaçant toujours le curseur de la dérision au bon endroit. Parfois à zéro, comme lorsqu'il signe une intense déclaration d'amour comme sur Miami Memory (2019). En bon crooner, c'est bien le thème qui lui va le mieux.