Exposition Mirages (Stereolux fête ses 15 ans) Eva L'hoest
Réunissant Inkstand – Fragments of Intents (2025) et The Inmost Cell (2021), l’exposition met en dialogue deux ensembles d’œuvres qui construisent des environnements hybrides où humains, non-humains et artefacts technologiques coexistent. Ces espaces instables montrent un réel sans cesse reconfiguré, traversé de glissements et de distorsions, entre forces techniques, sensibles et imaginaires.
The Inmost Cell — composée d’une vidéo et de deux sculptures — prend pour point de départ une calenture, mirage maritime où la mer devient champ d’herbe, ainsi que les ruines de trois îles englouties lors de la construction du barrage de Riga. Dans cette fusion de paysages ruraux et maritimes, des figures de la mythologie lettone semblent émerger des entrailles d’une machine. À partir de photographies transformées par des procédés numériques, Eva L’Hoest compose des architectures fluides où les réalités se superposent, glissant du monochrome à la couleur et ouvrant des passages entre lieux et mémoire.
La série Inkstand – Fragments of Intents se compose de sculptures en alliage de bismuth-étain. Partiellement émergées de leurs moules en sable, elles semblent suspendues dans un état intermédiaire, comme figées dans une réalité parallèle. Elles évoquent autant des dioramas de scènes domestiques que des dispositifs expérimentaux inspirés des boîtes de Skinner, utilisés dans les années 1930 pour étudier le renforcement comportemental, concept ayant influencé le développement de l’intelligence artificielle. En croisant ces références scientifiques et des techniques de moulage préindustrielles, la série interroge la manière dont les technologies reconfigurent nos interactions avec le monde et transforme notre rapport au geste comme à la pensée.