Stereolux fête ses 15 ans Exposition Mirages

Guillaume Marmin, Romain Tardy, Raw Design, Mazaccio & Drowilal, Cinzia Campolese, Eva L'hoest, Emilie Brout & Maxime Marion, Luce Terrasson
Gratuit
Production : STEREOLUX/Songo
Gratuit, en accès libre.
Horaires : Jeudi : 19h30-21h30 | Vendredi : 14h30-21h30 | Samedi : 14h30-21h30 | Dimanche : 14h30-18h30
Carte Stereolux

Le vernissage de l’exposition se tiendra le jeudi 17 février à 19h30.

Pour ses 15 ans, Stereolux propose un ensemble d’installations artistiques qui reflètent ce qui fait son ADN : des artistes nantais et internationaux qui interrogent le monde numérique, des œuvres monumentales ou intimistes, interactives ou contemplatives, capables à la fois d’émerveiller et d’ouvrir des pistes de réflexions.

Qu’elles rendent visible l’invisible, troublent les perceptions ou révèlent le vrai du faux, les œuvres présentées s’aventurent dans des zones d’incertitude où perception, fiction et réalité se contaminent. Les images ne sont plus de simples reflets : elles modèlent le réel, le déplacent, parfois le révèlent. Réunissant huit artistes et collectifs de la scène contemporaine internationale — dont certain·es fidèles de Stereolux — l’exposition Mirages se déploie entre espace public et lieux d’exposition, invitant à un parcours à la fois joueur et sensible.

Trois installations monumentales illuminent les nefs : Guillaume Marmin / YAM (Nantes) fait surgir un nuage de lumière, rendant visible le flux de nos mémoires connectées ; le studio Raw Design (Toronto) transforme le lieu en palais des glaces grâce à un labyrinthe de couleurs et de reflet ; Romain Tardy (Bruxelles) questionne, avec son anamorphose True / False, la fabrique du faux à l’ère des intelligences artificielles.

Dans Stereolux, Mazaccio & Drowilal (Villefranche-de-Rouergue) dissèquent avec humour les mirages contemporains de la visibilité et de la Fame ; Une installation interactive de Cinzia Campolese (Montréal) invite à capturer une image qui toujours échappe, comme un tour de prestidigitation visuel, et remet ainsi en question les dispositifs numériques qui filtre le réél. Eva L’Hoest (Bruxelles) présente deux ensembles d’œuvres qui, à la croisée de l’artisanat et du numérique, interrogent la manière dont les technologies modèlent et orientent nos constructions mentales.

Et à la Zoo Galerie, le nouveau projet collectif d’Emilie Brout & Maxime Marion (Paris), pensé comme un sanctuaire numérique où cohabitent les univers d’une quinzaine d’artistes invité·es, explore nos présences en ligne.

À travers ces œuvres, aux mediums et aux tonalités très variées, l’exposition est une traversée de mirages où se rejouent nos manières de voir, de croire ou de construire le monde.

 

Guillaume Marmin

Cloud Memory (2025)

📍 Les Nefs 

Par son aspect aérien et immatériel, Cloud Memory évoque autant les structures nuageuses que des constructions cellulaires organiques. Architecture suspendue dans le paysage, cette sculpture s’anime de flux lumineux et sonores à la tombée de la nuit. Jouant avec des effets d’apparition et de transparence, elle entre en résonance avec son site d’exposition.
Métaphore d’un monde interconnecté, Cloud Memory interroge avec poésie les transformations de notre rapport à la mémoire. L’œuvre explore le passage de la mémoire cellulaire à une mémoire numérique, où nos souvenirs, goûts et croyances semblent migrer vers des supports externes. L’ordinateur devient alors le prolongement de nos facultés, une mémoire démultipliée, omniprésentes et pourtant invisibles.

Guillaume Marmin, né en 1981, vit et travaille à Nantes. Il conçoit des dispositifs audiovisuels explorant les liens entre lumière, son et espace. Influencé par le cinéma expérimental, il développe un langage artistique qu’il déploie hors de l’écran sur des surfaces variées. Ses installations immersives donnent forme à l’invisible, entre abstraction et phénomènes physiques.
Avec YAM, groupe artistique fondé en 2014, il produit des installations in situ dans une démarche collaborative et s’attache à décloisonner les pratiques pour favoriser la rencontre entre les oeuvres et le public.

Création visuelle : Guillaume Marmin
Création sonore : Motenai
Direction technique : Simon Zerbib

doublespace (amanda large & younes bounhar)

RAW Design

Prismatica (2014)

📍 Les Nefs 

Cette installation participative déploie un ensemble de prismes pivotants qui invitent le visiteur à entrer physiquement dans l’image, tel un palais des glaces contemporains. Recouverts de filtres dichroïques, ils réagissent à la lumière, faisant apparaître des couleurs changeantes qui ne cessent de se recomposer en fonction de l’angle d’observation. En les mettant en mouvement, chacun devient acteur d’un paysage instable, où la perception se fabrique en temps réel.
Le jour, l’œuvre dialogue avec la lumière ambiante ; la nuit, elle se transforme en un environnement lumineux autonome. À la fois labyrinthe et surface optique, cette architecture sensible propose une expérience où l’émerveillement naît du déplacement du regard.

RAW Design est un collectif d’architecture basé à Toronto. À la croisée de l’architecture, de l’art et des technologies, RAW Design développe une grande variété de projets - de serres communautaires aux installations interactives. Fonctionnant de manière collaborative et transdisciplinaire, le collectif réunit architectes, designers, ingénieurs et artistes autour de dispositifs qui interrogent notre manière d’habiter et de percevoir l’espace.

Création : RAW design
Conception lumière : ATOMIC3 + Jean-François Piché
Conception sonore : Dix au carré
Direction de production et technique : ATOMIC3 + Louis Héon
Une production du Partenariat du Quartier des spectacles
En partenariat avec la Nantes Digital Week
Avec le soutien de JC DECAUX

Romain Tardy

True / False (2026)

📍 Les Nefs

True / False est une installation numérique immersive qui interroge notre rapport à la vérité à l’ère de la désinformation. Fondée sur le principe de l’anamorphose, elle révèle les mots « True » et « False » uniquement depuis certains points de vue. 
Composée de micro-architectures modulaires, pensée dans une logique de réemploi, l’œuvre forme un paysage sculptural dans lequel le public se déplace. À l’intérieur, textes, voix et signaux mêlent informations vérifiées et contenus trompeurs, générés par intelligence artificielle. Leur statut — vrai ou faux — ne devient lisible que lorsque le spectateur se positionne à distance suffisante pour voir apparaître les mots « True » ou « False » grâce à l’alignement des structures et des séquences lumineuses. L’installation impose ainsi un geste fondamental : celui de prendre du recul pour pouvoir distinguer le réel du faux-semblant. 
True / False propose une double expérience : celle de l’observateur lointain et celle du participant immergé. Entre immersion et observation, le visiteur expérimente physiquement combien la vérité dépend du regard, du contexte et du déplacement. 

Romain Tardy, né en 1984, vit et travaille à Bruxelles. Il est actif dans le domaine de la création visuelle contemporaine depuis 2008. Son travail, conçu comme une série d’expériences poétiques mêlant lumière, vidéo mapping, objets et son, est régulièrement présenté dans de nombreux pays à travers le monde. La question de notre rapport à la technologie, et de ses conséquences sur la société, est au cœur de sa démarche. Après des études artistiques et un passage dans des studios de post-production, il a collaboré en tant que VJ avec des artistes tels que Jay Z, Flying Lotus ou Murcof, et a cofondé le label visuel ANTIVJ.

Coproduction : STEREOLUX (Nantes), L’Hexagone Scène nationale Arts Sciences — Meylan, CHRONIQUES Biennale des Imaginaires Numériques, dans le cadre de la plateforme CHRONIQUES CRÉATIONS. 
Avec le soutien de Wallonie - Bruxelles International et du Centre Wallonie-Bruxelles/Paris.

Mazaccio & Drowilal

Paparazzi

📍 Hall de Stereolux

Avec la série Paparazzi, Mazaccio & Drowilal s’emparent des images de la presse people pour en révéler, avec humour, les mécanismes et les illusions. En détournant ces clichés pris sur le vif — stars à la plage, en train de faire du sport ou leurs courses — ils mettent en évidence la répétition de situations banales, comme autant de signes d’un mode de vie standardisé et imité à grande échelle.
En détourant, classant puis accumulant ces silhouettes sur des compositions graphiques rappelant les fonds d’écrans un peu kitch, les artistes font basculer l’image du scoop vers l’absurde. La célébrité y perd son caractère exceptionnel pour devenir motif, décor. Ce faisant, Paparazzi met à distance la fascination qu’elle suscite et révèle la « fame » comme un mirage contemporain : une construction collective nourrie par la surexposition à ces images.
Pour l’exposition, Mazaccio & Drowilal font sortir ces photos de leur cadre et les installent en grand format sur les parois vitrées de Stereolux.

Elise Mazac alias Mazaccio (1988) et Robert Drowilal (1986) vivent et travaille à Villefranche-de-Rouergue.
Influencés par l’art conceptuel, la peinture Pop, les cultures numériques et les iconographies liées à Internet, ils mènent un travail basé autour du principe de "collimage" et déconstruisent les représentations qui façonnent les imaginaires contemporains.
Leur travail a exposé dans de nombreux contextes : Rencontres d’Arles, Paris Photo, Abattoirs (Toulouse), Multimedia Art Museum (Moscou) ou encore French Institute (New York Parallèlement, ils ont publié de nombreux livres d’artistes et sont visiting lecturers à Ecole cantonale d’art de Lausanne (ECAL) en Suisse.

Cinzia Campolese

Could you take a picture? (2022)

📍 Hall de Stereolux

Could you take a picture ?, comme le titre le suggère, invite le spectateur à prendre l’œuvre en photo et par là, interroge les enjeux éthiques d’une réalité filtrée.
L’installation se compose d’une série d’écrans qui, observé à l’œil nu, émettent une lumière pleine et colorée sans afficher de contenu. Leur système d’éclairage a été remplacé par un dispositif conçu sur mesure qui génère des motifs d’interférence perceptibles uniquement à travers l’appareil photo de nos smartphones. Le résultat visuel naît de l’interaction entre la vitesse de balayage propre aux caméras et le cycle lumineux du système LED installé dans les écrans.
Photographier et documenter ce qui nous entoure est une pratique relativement récente, qui nous place parfois dans une posture d’observateur analytique, davantage préoccupé par la production d’images-souvenirs que par l’expérience vécue. En nous obligeant à passer par un écran pour accéder à l’œuvre, et en exploitant les limites de la caméra comme celles de notre perception visuelle, l’artiste nous amène à reconsidérer le rôle de la technologie comme médiateur de l’expérience et à réfléchir à la manière dont elle façonne notre rapport au monde.

Cinzia Campolese, vit et travaille à Montréal. Son travail prend la forme d’installations et de dispositifs en temps réel qui explorent la perception et notre relation à l’espace. À travers des sculptures et des environnements sensibles, elle rend tangible l’invisible numérique et propose des œuvres ouvertes, sans narration, invitant à une expérience libre et à une remise en question du regard. Ses œuvres ont été exposées dans des institutions culturelles, des galeries et des événements tels que Stereolux, Biennale Chroniques et Biennale Nova XX, Mutek Montréal et Biela Noc.

Conseil technique - Lucas Paris & Pipo Pièrre Louis.
Recherche financée avec le soutien du Conseil des arts du Canada

Luk Vander Plaetse

Eva L'hoest

Calentures (2021 & 2025)

📍 Plateforme Intermédia

Eva L’Hoest sonde la manière dont les techniques sculptent en permanence nos croyances et nos comportements. En mobilisant des savoir-faire artisanaux autant que des outils de CGI, de scan 3D et d’IA, elle révèle avec sensibilité l’empreinte invisible que ces ces techniques impriment sur notre perception du monde.

Réunissant Inkstand – Fragments of Intents (2025) et The Inmost Cell (2021), l’exposition met en dialogue deux ensembles d’œuvres qui construisent des environnements hybrides où humains, non-humains et artefacts technologiques coexistent. Ces espaces instables montrent un réel sans cesse reconfiguré, traversé de glissements et de distorsions, entre forces techniques, sensibles et imaginaires.
The Inmost Cell — composée d’une vidéo et de deux sculptures — prend pour point de départ une calenture, mirage maritime où la mer devient champ d’herbe, ainsi que les ruines de trois îles englouties lors de la construction du barrage de Riga. Dans cette fusion de paysages ruraux et maritimes, des figures de la mythologie lettone semblent émerger des entrailles d’une machine. À partir de photographies transformées par des procédés numériques, Eva L’Hoest compose des architectures fluides où les réalités se superposent, glissant du monochrome à la couleur et ouvrant des passages entre lieux et mémoire.
La série Inkstand – Fragments of Intents se compose de sculptures en alliage de bismuth-étain. Partiellement émergées de leurs moules en sable, elles semblent suspendues dans un état intermédiaire, comme figées dans une réalité parallèle. Elles évoquent autant des dioramas de scènes domestiques que des dispositifs expérimentaux inspirés des boîtes de Skinner, utilisés dans les années 1930 pour étudier le renforcement comportemental, concept ayant influencé le développement de l’intelligence artificielle. En croisant ces références scientifiques et des techniques de moulage préindustrielles, la série interroge la manière dont les technologies reconfigurent nos interactions avec le monde et transforme notre rapport au geste comme à la pensée. 

Emilie Brout & Maxime Marion

liminal people

📍 Zoo Galerie

liminal people est un projet collectif initié par Émilie Brout & Maxime Marion, pensé comme un sanctuaire numérique où cohabitent les univers d’une quinzaine d’artistes invité·es. Inspiré notamment par la « théorie de la forêt sombre d’internet », le projet imagine un espace d’exposition à échelle choisie, à la fois visible et protégé, où les présences se rencontrent sans être totalement livrées à l’espace public. Chaque artiste y fait entrer une figure issue de sa pratique, intégrée au jardin sous la forme d’une statue couverte de pierre et de mousse. Dans un paysage baigné d’une lumière d’éclipse, ces présences composent un lieu de mémoire partagé, sensible aux liens, aux absences et aux gestes d’attention. Développée dans un moteur de jeu, l’œuvre propose une traversée générative et contemplative de cet espace, où la caméra circule entre les figures et ouvre parfois sur leur monde intérieur. Un site web prolonge l’expérience par des interactions discrètes, qui peuvent faire évoluer le jardin au fil des connexions. Dans l’exposition, projection, environnement sonore et pièces physiques dialoguent pour composer un espace commun entre fiction, mémoire collective et présence en ligne. Le projet prolonge les recherches menées par Émilie Brout & Maxime Marion lors de leur résidence à la Villa Kujoyama en 2025, tout comme l’exposition s3lf.tech présentée en parallèle à 40mcube.